image causes des problèmes de plancher pelvien

Les problèmes de plancher pelvien après 40 ans ne viennent pas toujours d’un manque de force. Grossesses, ménopause, constipation et changements des tissus peuvent intervenir. Les fuites, la pesanteur et les douleurs demandent une évaluation individualisée pour choisir entre renforcement, relâchement et coordination, plutôt que multiplier les contractions sans connaître leur utilité.

« Je pensais que les petites fuites faisaient simplement partie de l’âge. »

Voilà ce que vous vous dites en croisant discrètement les jambes avant d’éternuer. En repérant les toilettes dès votre arrivée quelque part. En déclinant le trampoline avec les enfants, sans vraiment expliquer pourquoi.

On vous a conseillé de serrer, encore et encore. Vous serrez depuis des années, et pourtant rien ne change vraiment.

Ces symptômes sont fréquents, mais comprendre le plancher pelvien commence justement par sortir d’une idée très répandue : le périnée ne se résume pas à un muscle qu’il faudrait contracter davantage.

Plancher pelvien : soutenir et coordonner

Le plancher pelvien forme la base du bassin. Il comprend plusieurs couches musculaires et travaille avec des ligaments, des fascias, du tissu conjonctif et des structures nerveuses pour participer au soutien de la vessie, de l’utérus, du vagin et du rectum.

Il participe aussi à la continence, à la sexualité et à la stabilité du tronc. Pour assurer ces fonctions, il doit être capable de se contracter, de se relâcher et de s’adapter à la pression.

Imaginez votre abdomen comme un espace où la pression change constamment. Elle augmente lorsque vous toussez, éternuez, riez, courez, portez une charge ou vous relevez d’une chaise. Votre diaphragme, votre sangle abdominale et votre plancher pelvien participent ensemble à cette gestion.

La respiration joue donc un rôle important. Lorsque vous bloquez votre souffle ou que vous maintenez constamment le ventre rentré, vous modifiez la façon dont les pressions circulent dans votre tronc. Pour comprendre ce mécanisme en détail, voyez notre article sur pourquoi rentrer le ventre ne renforce pas vos abdos.

Le problème n’est donc pas d’avoir de la pression abdominale. Votre corps en a besoin. C’est la façon dont elle est gérée qui mérite votre attention.

Et cette coordination peut évoluer au fil des années.

Schéma Holix des quatre chantiers du plancher pelvien : gestion de la pression, transit, relâchement, puis renforcement coordonné.

Grossesse, constipation et vieillissement : des facteurs majeurs

La grossesse et l’accouchement peuvent étirer les muscles, les tissus et certains nerfs du plancher pelvien. Ils représentent des facteurs importants, sans pour autant expliquer tous les problèmes.

Une femme qui n’a jamais eu d’enfant peut aussi connaître une incontinence, une sensation de pesanteur ou des douleurs pelviennes.

Le NHS cite notamment l’accouchement, l’avancée en âge, la ménopause et la constipation parmi les facteurs associés au prolapsus. Leur présence ne permet pas de conclure seule à une descente d’organes.

D’autres contraintes sont parfois beaucoup plus quotidiennes. C’est notamment le cas de la constipation chronique. Lorsque vous poussez régulièrement pour aller à la selle, votre plancher pelvien doit gérer cette pression encore et encore. Si le problème se répète pendant des mois ou des années, il peut devenir pertinent de regarder non seulement le transit, mais aussi la manière dont l’ensemble de votre tronc gère les pressions.

Votre posture, votre respiration, votre paroi abdominale, vos organes digestifs et votre plancher pelvien travaillent en effet dans un même espace.

Cela explique pourquoi un problème qui semble « seulement digestif » peut parfois mériter un regard plus global. Il ne s’agit pas de dire que la constipation provoque à elle seule un problème de plancher pelvien. Il s’agit de comprendre qu’elle fait partie des contraintes auxquelles cette zone doit s’adapter.

Et ce n’est pas le seul changement qui survient avec le temps.

Plancher pelvien après 40 ans : le rôle des hormones

Pendant la périménopause puis la ménopause, la diminution des œstrogènes peut modifier les tissus du vagin, de l’urètre et du plancher pelvien. Les tissus peuvent devenir plus secs, plus fins et moins souples. Leur capacité à assurer leur rôle de soutien peut également évoluer. Ces changements contribuent à certains symptômes urinaires ou pelviens, surtout lorsqu’ils s’ajoutent à d’autres facteurs déjà présents.

C’est important pour comprendre les causes d’une descente d’organes puisque la ménopause n’en est pas l’unique explication.

L’histoire de votre corps compte aussi. Grossesses, accouchements, constipation, toux chronique, génétique, activité physique, chirurgie antérieure ou changements liés à l’âge peuvent avoir participé à l’évolution des tissus et des mécanismes de soutien.

Une fuite lorsque vous éternuez ou sautez, une envie urgente d’uriner, une sensation de poids dans le bassin ou une boule vaginale ne racontent pas nécessairement la même histoire. Ces signes méritent d’être distingués, plutôt que rattachés automatiquement à une faiblesse musculaire ou aux hormones.

Avant de conclure que votre périnée est faible, il faut comprendre ce qui se passe réellement. Pour situer ces changements dans l’ensemble de votre physiologie, lisez notre article sur pourquoi votre corps change après 40 ans.

Schéma Holix montrant l'effet de la baisse des œstrogènes sur le collagène et les tissus de soutien du plancher pelvien à la ménopause.

Et si votre périnée a surtout besoin de retrouver sa mobilité ?

Les contractions du plancher pelvien ont leur place dans la prise en charge de certaines incontinences. Pourtant, faire « plus de Kegels » n’est pas automatiquement la réponse.

Les Cambridge University Hospitals rappellent que le relâchement compte autant que la contraction dans les exercices. Notre article sur le périnée après 40 ans : comprendre avant de renforcer reprend cette distinction.

Un plancher pelvien peut manquer de tonus. Il peut aussi être trop contracté et avoir du mal à se relâcher. Il peut surtout manquer de coordination avec la respiration et les mouvements du corps.

Dans ce cas, multiplier les contractions sans comprendre le fonctionnement de votre ensemble abdominal peut vous laisser avec l’impression de faire beaucoup d’efforts pour peu de résultats.

C’est pourquoi un bilan auprès d’une professionnelle de la rééducation périnéale peut être précieux. Il permet notamment de déterminer si votre plancher pelvien a besoin de davantage de force, de relâchement, de mobilité ou d’une meilleure coordination.

Ensuite, le travail peut progressivement s’intégrer à vos mouvements quotidiens.

  • Apprendre à expirer pendant un effort.
  • Retrouver une respiration plus libre.
  • Ne plus maintenir constamment le ventre rentré.
  • Améliorer la mobilité du tronc.
  • Mieux utiliser les abdominaux profonds.

Le but n’est pas de contrôler votre corps en permanence. C’est de lui permettre de retrouver des réponses plus adaptées.

Et si vous changiez d’approche ?

Peut-être que vous avez appris à vivre avec une petite fuite. À éviter certains exercices. À repérer les toilettes. À supporter une sensation de lourdeur ou un inconfort pendant certains mouvements.

Vous n’avez pas à avoir honte d’en parler. Et surtout, ces symptômes ne sont pas simplement quelque chose que vous devez accepter parce que vous avez eu des enfants ou parce que vous avancez en âge. Votre corps a changé.

Il a pu s’adapter à des grossesses, à des années de contraintes, à des changements hormonaux et à de nouvelles façons de bouger. Cela ne signifie pas qu’il est devenu incapable de fonctionner autrement.

C’est justement cette approche globale que nous retrouvons dans le Programme Abdos Toniques. Avec Mireille Martel, le travail ne consiste pas à isoler un muscle et à vous demander de contracter davantage. Il associe sangle abdominale, diaphragme, respiration, mobilité et plancher pelvien, afin de vous aider à mieux prendre soin de vous et de votre corps au quotidien.

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Le programme ne remplace pas une consultation médicale ni une rééducation périnéale lorsqu’elles sont nécessaires. Il peut cependant vous aider à reprendre progressivement contact avec votre corps et à mieux comprendre ses mécanismes.

Une sensation de boule vaginale, une pesanteur ou des fuites qui vous gênent justifient de consulter. L’évaluation permet de discuter des options adaptées à vos symptômes, plutôt que d’essayer seule de corriger un mécanisme supposé.

À retenir

  • Le plancher pelvien doit pouvoir se contracter, mais aussi se relâcher et se coordonner.
  • Les grossesses, la ménopause et les contraintes répétées peuvent contribuer aux symptômes sans les expliquer seules.
  • Une fuite, une urgence urinaire et une sensation de pesanteur nécessitent des évaluations différentes.
  • Multiplier les contractions n’est pas toujours adapté à votre situation.
  • Un programme général ne remplace pas une consultation ni une rééducation individualisée.

Sources externes

  • NHS, Pelvic organ prolapse : https://www.nhs.uk/conditions/pelvic-organ-prolapse/
  • Cambridge University Hospitals, Female pelvic floor muscle exercises : https://www.cuh.nhs.uk/patient-information/female-pelvic-floor-muscle-exercises/
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