image sauter le petit-déjeuner

« Je n’ai jamais faim le matin. »
Vous le dites peut-être depuis des années. Un café suffit, la matinée démarre et, quelque part, cela vous semble même logique : un repas en moins, ce sont quelques calories en moins.

À 30 ans, cette habitude pouvait sembler sans conséquence. Aujourd’hui, vous faites pourtant attention à votre alimentation, vous bougez, vous essayez de prendre soin de vous… et votre corps ne répond plus de la même façon. 

Votre habitude ne signifie pas forcément que vous faites mal les choses. Votre corps a simplement changé.

Après 40 ans, la masse musculaire évolue, les hormones fluctuent et la façon dont votre organisme gère le stress, la glycémie et les repas peut devenir différente.

Sauter le petit-déjeuner n’est ni une mauvaise habitude à bannir, ni une stratégie qui convient à tout le monde. Après 40 ans, l’enjeu est surtout de comprendre ce dont votre corps a besoin et comment il réagit à ce long intervalle sans manger. Votre métabolisme ne fonctionne pas seulement en fonction du nombre de calories consommées.   

Alors, faut-il absolument manger au réveil ?

Avant de trancher, il vaut mieux regarder ce qui se passe réellement dans votre corps au fil de la matinée.

Pourquoi le petit-déjeuner compte ?

Commençons par déconstruire une idée reçue. 

Sauter le petit-déjeuner ne met pas votre métabolisme à l’arrêt la nuit en attendant une tartine pour redémarrer. Votre organisme continue de fonctionner pendant votre sommeil, il continue à respirer, à maintenir votre température corporelle, à alimenter vos organes et fait travailler votre cerveau. 

Les recherches de Sievert et coll., publiées dans le British Medical Journal en 2019 et portant sur 13 essais randomisés, n’ont d’ailleurs pas montré que manger le matin favorise systématiquement la perte de poids. Ni que de sauter le petit-déjeuner provoque automatiquement une prise de poids.

Alors, pourquoi le petit-déjeuner mérite-t-il malgré tout notre attention ? Sachez que le métabolisme ne se résume pas aux calories que vous dépensez. Il concerne votre glycémie, votre appétit, votre énergie, votre masse musculaire. Et c’est là, dans ces mécanismes plus fins, que le jeûne matinal peut changer la donne pour certaines femmes.

Nous avons l’habitude de nous dire : « Je vais grossir si je mange le matin; »

Alors que la vraie question serait plutôt : « Comment mon corps réagit-il lorsque je commence ma journée sans manger ? »

Le matin, votre cortisol est naturellement élevé

Pour comprendre ce qui se passe au réveil, il faut revenir aux premières minutes de votre journée.

Votre cortisol augmente naturellement le matin. Cette montée, appelée “réponse d’éveil du cortisol”, participe à votre mise en route. Elle aide notamment votre organisme à mobiliser de l’énergie et à passer progressivement du sommeil à l’éveil. Ce cortisol qui reste élévé pèse aussi sur comment s’installe la graisse abdominale, comme nous l’expliquons dans pourquoi votre système nerveux ne récupère plus comme avant après 40 ans

Ce pic est normal, voire utile même.

L’idée n’est donc pas de chercher à faire baisser votre cortisol à tout prix. Il s’agit plutôt de créer, dès le matin, des conditions qui accompagnent naturellement votre organisme.

C’est notamment pour cette raison qu’il peut être intéressant, lorsque cela vous convient, de ne pas laisser s’installer plusieurs heures de jeûne après le réveil. Pour les femmes de plus de 40 ans, prendre un premier repas dans les 60 minutes ou 90 minutes qui suivent le réveil constitue un repère simple pour commencer la journée. Pas besoin pour autant de vous forcer à avaler un repas dès que vos pieds touchent le sol.

L’enjeu est de trouver un rythme qui vous laisse rassasié et en forme jusqu’au prochain repas.

Et ce que vous mettez dans votre assiette compte tout autant que le moment où vous mangez.

Schéma Holix comparant la courbe du cortisol au réveil avec un repas du matin et sans repas du matin.

 

Que se passe-t-il quand vous sautez le petit-déjeuner ?

Votre corps a besoin de glucose en permanence, notamment pour alimenter votre cerveau.

Lorsque vous ne mangez pas, votre corps en fabrique lui-même.

Votre foie peut fabriquer du glucose à partir d’autres substrats, notamment des acides aminés prélevés dans le muscle. Ce processus porte un nom, la néoglucogenèse.

Le résultat va à l’inverse de votre objectif. Votre masse musculaire, ce tissu qui consomme de l’énergie même au repos, se trouve grignotée.

En revanche, après 40 ans, préserver sa masse musculaire devient une priorité.

Le muscle joue un rôle essentiel dans la force, la mobilité et la régulation de la glycémie.

Après 40 ans, les protéines prennent également une place importante dans votre alimentation, notamment pour aider à préserver votre masse musculaire. Le petit-déjeuner devient alors une première occasion d’apporter une source de protéines à votre journée.  

C’est là que le sujet devient beaucoup plus intéressant que la simple question des calories.

Un bon petit-déjeuner équilibré après 40 ans

C’est souvent ici que les femmes commencent à se reconnaître. Vous mangez globalement comme avant. Toutefois, avec les changements hormonaux à la périménopause et à la ménopause, votre organisme ne traite plus les aliments exactement de la même manière à toutes les heures de la journée. 

Pendant longtemps, le petit-déjeuner « classique » a souvent ressemblé à ceci : café, tartines de pain blanc, confiture, jus d’orange ou viennoiserie. Sur le papier, cela ressemble à un repas.

Mais il manque souvent un élément essentiel : les protéines.

Un petit-déjeuner principalement composé de produits sucrés peut entraîner une montée rapide de la glycémie, suivie chez certaines personnes d’une baisse d’énergie et d’un retour de la faim quelques heures plus tard.

Et c’est précisément ce que vous cherchez peut-être à éviter après 40 ans : le matin commence bien, puis la fatigue arrive, la concentration baisse et les envies de sucre s’installent.

Vous pouvez alors avoir l’impression de manquer de volonté. Alors qu’il est parfois simplement question de repenser à ce que contient votre premier repas.

Pour comprendre pourquoi ce qui cause ces changements après la quarantaine, lisez notre article sur pourquoi votre corps change après 40 ans.

Un petit-déjeuner plus salé et protéiné peut être une piste intéressante. 

Une idée simple pour votre matin

Nous vous proposons une combinaison facile à préparer :

Tartine de tofu et purée d’amande

  • 100 g de tofu soyeux ou ferme cuisiné — environ 10 g de protéines
  • 2 tranches de pain de seigle — environ 6 g
  • 2 cuillères à soupe de purée d’amande complète — environ 6 g
  • 1 cuillère à soupe de graines de courge saupoudrées — environ 3 g

Total : environ 25 g de protéines.

Pas besoin d’une recette sophistiquée.

Et si vous avez l’habitude du sucré, inutile de tout changer du jour au lendemain.

Commencez simplement par ajouter une véritable source de protéines.

Si vous n’avez pas faim, ajustez vos besoins

Si vous restez énergique et sans fringale au fil de la journée lorsque vous sautez le petit-déjeuner cela ne signifie pas obligatoirement que cela à votre horloge biologique, mais cela réduit uniquement une occasion d’apporter à votre corps les nutriments dont il a besoin, notamment les protéines. 

En revanche, si vous observez les signes suivants, le petit-déjeuner serait un repère intéressant à tester : 

  • une baisse d’énergie en milieu de matinée ;
  • une envie urgente de sucre ;
  • une faim très importante en fin de journée ;
  • des grignotages difficiles à contrôler le soir ;
  • une récupération moins bonne après l’activité physique ;

Après 40 ans, plutôt que de tout concentrer au dîner, vous pouvez viser environ 20 à 30 g de protéines à chaque repas principal, matin, midi et soir. Cette répartition doit-être adaptée à votre faim, votre activité physique et votre rythme de vie. L’idée n’est pas de suivre un chiffre au gramme près, mais de donner à votre corps des apports réguliers tout au long de la journée. 

Schéma Holix de la composition d'un repas du matin régulateur : protéines, bon gras, fibres, et ce qu'il faut éviter.

Ce changement de chronologie est souvent ignoré mais documenté par la revue de BaHammam et Pirzada (2023) sur les horaires des repas et les rythmes circadiens.

Votre sensibilité à l’insuline est meilleure le matin qu’en soirée. Les mêmes aliments sont mieux gérés au petit-déjeuner qu’au dîner tardif. 

Ce que vous y gagnez

Un petit-déjeuner contenant une bonne source de protéines, des fibres et un peu de matières grasses peut être beaucoup plus rassasiant. 

Ce que contient votre assiette Ce que cela vous apporte
20 à 30 g de protéines Soutient l’entretien de la masse musculaire et la satiété
Un peu de bonnes matières grasses Aide à prolonger la satiété et l’énergie
Fibres et végétaux Participent à une digestion plus lente et à une meilleure gestion de la glycémie
Des aliments peu transformés Permettent de construire un repas plus nourrissant

Et si vous commenciez autrement votre journée ?

Après 40 ans, on cherche souvent à corriger nos habitudes, moins manger, faire davantage de sport, supprimer le sucre, jeûner plus longtemps.

Et si vous commenciez par une autre question ?

De quoi mon corps a-t-il besoin pour bien démarrer sa journée ?

Un petit-déjeuner pris assez tôt, une source de protéines, quelques fibres, ajouter une activité physique adaptée à votre biologie et quelques minutes pour respirer peuvent déjà changer la façon dont vous abordez votre matinée.

Alors pour vous accompagner dans cette démarche, notre Protocole Matin, vous propose une routine parfaite. Il n’est pas nécessaire de bouleverser votre quotidien, mais de créer un premier rendez-vous avec votre corps, pour lui donner des repères simples et observer progressivement ce qui vous fait du bien.

Le programme matinal de 5 jours qui a remplacé des années de conseils contradictoires pour 583 femmes en une semaine.

Cinq minutes. Cinq matins.

Juste assez pour commencer à observer ce qui change : votre énergie, votre faim, votre rapport au stress et votre façon d’arriver au soir. Après 40 ans, prendre soin de son métabolisme ne signifie pas forcément en faire plus.

Parfois, cela commence simplement par mieux commencer sa journée.

 

FAQ

Est-ce que boire uniquement du café le matin compte comme un petit-déjeuner ?

Non. Le café peut faire partie de votre matinée, mais il ne fournit pas les protéines, fibres et nutriments d’un véritable repas. Si vous choisissez de ne pas manger au réveil, observez surtout votre énergie et votre faim dans les heures qui suivent.

Faut-il manger avant de faire du sport le matin ?

Pas systématiquement. Tout dépend de l’intensité de votre séance, de sa durée et de la façon dont vous vous sentez à jeun. Une activité douce peut très bien être réalisée avant le premier repas. Pour une séance plus exigeante, un apport alimentaire peut être préférable.

Est-ce que manger plus tôt peut aider à mieux dormir ?

Chez certaines personnes, mieux répartir les apports alimentaires dans la journée et éviter un repas très lourd juste avant le coucher peut favoriser un meilleur confort nocturne. Mais le sommeil dépend de nombreux facteurs : stress, lumière, horaires, activité physique et habitudes du soir jouent également un rôle.

Sources externes

  • Sievert K. et coll., Effect of breakfast on weight and energy intake, méta-analyse, British Medical Journal, 2019 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6352874/
  • Jakubowicz D. et coll., Fasting until noon triggers increased postprandial hyperglycemia, 2015 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26220945/
  • BaHammam A. et Pirzada A., Timing Matters: The Interplay between Early Mealtime, Circadian Rhythms and Metabolic Health, 2023 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10528427/
  • Ruddick-Collins L. et coll., Timing of daily calorie loading affects appetite and hunger responses, Cell Metabolism, 2022 : https://www.cell.com/cell-metabolism/fulltext/S1550-4131%2822%2900344-8

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